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Le fantôme d'AntonioVous êtes à Padoue, une petite ville à l’ouest de Venise. Pourquoi? Parce que vous êtes jeune et innocent et que vous avez cru ce qu’on vous avait dit sur le fait qu’il était très difficile, voire impossible, de se loger en été dans la ville lacustre. On est encore au printemps, mais vaut mieux prendre le train que prendre une chance. Parlant de ces prophètes de malheur qui me font aujourd’hui de plus en plus suer, vous savez ces gens à qui vous dites : » Je m’en vais à X » et qui vous sortent une ribambelle d’histoires d’horreur qui sont arrivées à l’ami d’un ami. Ça commence toujours par c’est beau X, mais… Les mésaventures arrivent la plupart du temps aux idiots, ceux qui se promènent où ils ne devraient pas, habillés comme ils ne devraient pas l’être, avec des objets qu’ils ne devraient pas montrer bijoux, montres, appareils photos. Ces êtres qui ne pensent pas que l’ostentation puisse exciter la convoitise. Sinon, les autres malheurs qui nous arrivent sont liés à notre destinée et de ce fait, inévitables. Mais revenons à vous, donc vous sortez de la gare, la cité des Doges vous accueille, belle comme une carte postale vivante et intemporelle. Vous visitez exposition sur exposition, la ville elle-même étant un bijou architectural ou se mêlent l’orient et l’occident. Vous aimez y déambuler, vous perdre dans ses ruelles. C’est d’ailleurs troublant de voir que tous les touristes s’agglutinent sur la place Saint-Marc, car aussitôt que vous vous en éloignez un tant soit peu, il n’y a plus que des Vénitiens vaquant à leurs occupations quotidiennes. Comme si ces milliers de visiteurs n’étaient qu’une illusion. Au détour d’une rue vous tombez sur une magnifique affiche annonçant un « concerto staordinario du complesso d’archi dell’ensemble di Venezia »au cours duquel ils joueront les plus que célèbre Quatre Saisons du non moins célèbre Vivaldi et ce dans à la Pietà. L’église même où le prêtre roux se produisait avec ses jeunes nymphettes. Un concert de rêve, la magie assurée, alors vous achetez votre billet et le jour dit, vous partez tôt. L’église est facile à trouver, elle est à deux pas de la Place Saint-Marc en longeant le canal. Mais le hasard veut qu’il y ait à ce moment-là et drette à côté de l’Église (probablement à l’hôtel Danieli, l’hôtel des riches et célèbres) une réunion du G7 ou G8, je ne sais plus, en tout cas, tous ces gros pays profiteurs et capitalistes. Mais, vous ne vous plaindrez pas trop, puisque vous en faites partie et que c’est pour ça que vous êtes à Venise. Mais, qui dit gros pays dit grosse protection et rue bloquée. Vous pourriez toujours traverser le canal à la nage, mais comme il fait un peu froid et que l’eau est un peu sale, vous devrez passer par les rues et ruelles et quiconque a visité cette jolie ville sait que sans un plan précis, on risque de vous retrouver tournant en rond quelques années plus tard.En fait, peut-être que les Vénitiens ne sont rien d’autre que des touristes qui n’ont jamais pus se sortir du labyrinthe. Vous vous armez de patience et après seulement une ou deux erreurs et quelques discussions soutenues avec votre compagne, vous y arrivez. Il est encore tôt et vous êtes assis à quelques mètres à peine du choeur. Le temps passe et l’église s’emplit tranquillement mais voilà t’y pas que quelques gorilles viennent vous signifier que vous devez vous déplacer car des personnages importants viendront assister au concert à votre place (c’est le cas de le dire). Alors vous sautez à la gorge de celui qui est le plus près, en fait non, vous obéissez docilement pour vous retrouver sur un banc à gauche vers l’arrière. Vous imaginez que vous avez peut-être réchauffez le banc pour le séant de Jimmy Carter ou de Valéry Giscard d’Estaing. Puis, vous apprenez que c’est un Canadien, donc probablement votre propre Premier ministre, Monsieur Pet lui-même qui subtilisera votre place. À votre grande déception, vous voyez arriver Marc Lalonde, une éminence grise, très grise du gouvernement. Quelle déception d’avoir cédé votre place à ce vieux corbeau qui, en plus, habite à deux pas de chez vous et qui de surcroît est le député de votre circonscription de bourgeois et que vous n’avez certainement pas voté pour lui, non jamais! Le concert commence et les musiciens attaquent les premières mesures du printemps, la première saison, cet air si connu, mais ils sont bientôt appuyés par mère nature elle-même. Un violent orage éclate à l’extérieur accompagné, comme il se doit, d’éclairs foudroyants et des roulements de tambour du tonnerre répercutés avec fracas sur la lagune. C’est sidérant. Et voilà que les lumières s’éteignent, seules quelques chandelles jettent un éclairage blafard sur les musiciens qui continuent à jouer encore quelques mesures sans pouvoir lire leurs partitions. On arrête tout et l’on installe quantité de cierges tout autour des artistes, et le concert de reprendre sous cet éclairage digne d’un Georges de La Tour. Pendant ce temps, Dieu lui-même continue sa bruyante symphonie, tellement bruyante d’ailleurs que vous vous demandez s’il n’est pas aussi sourd que Beethoven l’était.. Finalement le concert aura été magique et enchanteur malgré tout et vous repartez sur le vaporetto. L’orage s’éloigne, pendant que les derniers éclairs zèbrent le ciel, illuminant les eaux noires.
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Antonio's ghostYou want to see Venice, but you are in Padova, a small city not far from it. Why? Because you are young and innocent and people told you how very difficult, even impossible it is to find a place to stay in the sinking city and you believed them. It is still spring, but why take a chance when you can take a train. May I say a word here about those prophets of misfortune who always drive me crazy, You know those people to whom you just have to mention: "I am leaving for X", to get a long string of horrendous stories that happened to a friend of a friend. It always starts with X is so beautiful, but... Most of the time, only idiots are unlucky, you know, those people who walk where they should not dressed like they should not be, flaunting their jewels, watches and cameras. Those people who do not think that ostentation can excite covetousness. If you are a wise, you misfortunes will only be related to your destiny and thus inevitable. But let get back to you. You are now leaving the train station and entering the city of the Doges, as beautiful and alive as a timeless postcard. You visit one exhibition after another, the city itself being an architectural jewel where East and West meet ever so gracefully. You like to stroll about, to lose yourself in all its small lanes. You don’t understand why the tourist (the others) agglutinates on Saint-Mark’s Place, because as soon as you stray away, all you can see are real Venetians going about their daily occupations. As if those thousand visitors were just an illusion. All over the old city you see a poster announcing a "concerto staordinario complesso from archi dell' ensemble di Venezia" during which they will play the more than famous Four Seasons of the also famous Vivaldi and this in la Pietà, the church where you could hear the red-headed priest and with his young nymphet’s. What a magical concert it should be! So, you buy your ticket and on the said day, you leave early. The church is easy to find, it is two steps away from Saint-Mark’s Place if you follow the main canal. But at the same time, as luck would want it (or your destiny), there is a meeting of the G7 or G8 or G9, depending on which countries is rich that year and since they are rich and famous, they are probably staying at hotel Danieli which happens to be between you and the afore mentioned church. And if you say important persons you say important protection and blocked street. But, you won’t complain too much, since if you are in Venice, it is because you are a dirty capitalist yourself. You could always get there by swimming in the canal to the stroke, but the weather is a bit cold and the water is a little dirty. Your only choice is to try to find your way through Venice’s maze, and anybody who has ever visited this pretty city knows that without a precise plan, you may still be walking about a few years later. In fact, maybe Venetians are only tourists who never found their way out. So half an hour later and after only one or two mistakes and the same number of arguments with your partner, you get there. It is still early and you find a seat right in the middle close to the stage. Time passes by and the church fills up quietly. But than, two goons come up to you and your neighbors asking you to move because some VIP’s will be arriving soon to take your seat. So you jump to the throat of the muscle man closest to you, in fact no, you take your stuff and move to one of the few empty places left in the back. You imagine that perhaps you warmed the bench for the “postérieurs” of Jimmy Carter or Valéry Giscard d' Estaing. Then, you learn it is a Canadian, therefore probably your own Prime Minister, Mr. Pet himself. To you’re your even greater disappointment, you see Marc Lalonde arriving, a little minister in the little government of your country. You are so disappointed to have yielded your place to this old crow (See picture) who lives in the same neighborhood as you do, and, what is even worse, is the deputy of your bourgeois district, but for whom you certainly did not vote, no never! The concert begins and the musicians play the first bars of spring, the first season, an air every body knows, but soon, Mother Nature herself backs them. A violent storm is bursting outside accompanied, as it should be, by flashes of lightning and the rolling drums of thunder amplified by the emptiness of the laguna. It is astonishing, and than the lights go out and we are left with only a few candles throwing a wan light on the musicians who continue to play by heart and than the music dies away. They bring out quantities of candelabras next to the artists and the concert starts again under a lighting worthy of George de La Tour. Meanwhile, God himself continues his own symphony and it is so loud you wonder if he isn’t as deaf as Beethoven was. Finally, despite all this or because of it the concert will have been magical and you leave on the vaporetto. The storm moves away, while the last flashes streak the sky, illuminating the dark water. |
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